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Souvenirs

Ô ma mère, De combien de mots d’amour, de combien de tendresse, de combien d’affection suis-je, sommes-nous tous, tes fils et moi, en retard ?

Mes racines remontent à 2600 ans ; mes ancêtres ont contribué significativement à l'histoire et aux civilisations du monde, et ma présence a été ressentie de l'Afrique du Nord au Croissant fertile.

Mes parents ayant six enfants, ne voulaient pas d’un septième. L’appartement où nous vivions était exigu mais lorsque l’enfant fut annoncé ma mère l’accepta de bonne grâce, On ne contrarie pas la volonté de «D». Les méthodes de contraception étaient rares. On se fiait, lorsqu’on le pouvait, à la méthode «Ogino».

 

Fille du Soleil du levant,
Enfant du pêcheur sur la plage

Parmi les histoires presque oubliées de la période de la Shoa il y a celle d’Hélène Cazes-Benattar qui durant la Seconde Guerre mondiale devint à elle-seule une véritable institution de sauvetage de ses frères juifs européens réfugiés au Maroc. Née Cazes en 1900 à Tanger, elle « émigra » à Casablanca et épousa Moshé Benattar.

La seule Mahia que nous pouvions boire au Maroc vers les années 50 et 60 était faite "illegalement" par les juifs des mellahs.

Bouznika se trouve dans la région de Chaouia-Ouardigha. Elle est située entre Casablanca et Rabat (55km de Casablanca et 35 km de Rabat via l’autoroute).

Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en voiture sans ceinture de sécurité ou d'airbags pour nous protéger.

Quelques jours avant les fêtes de Pâques juives, un couple, Mr et Mme Cohen emménagèrent en face de notre appartement, dans le petit immeuble où nous vivions alors, rue Lusitania, à Casablanca, au Maroc. Je venais d’avoir 13 ans.

Lorsqu’on lui demandait : Où est ton oreille, Djeha ? il passait son bras droit par-dessus la tête et, touchant son oreille gauche, disait : - la voilà !

Peut-on bâtir un pont entre la génération des ordinateurs et celle des porte-plumes et encriers? La réponse est positive, grâce au Buvard !!

Je devais avoir entre dix et onze ans lorsque je reçu de mon très cher père qui l’avait acheté à vil prix à une vente aux enchères, un projecteur de films à manivelle dernier cri : Une super affaire! Nous vivions encore à la Rue Lusitania, à Casablanca, rue et quartier mythiques alors et qui le sont restés jusqu'aujourd’hui.

Avec l’émigration massive des juifs du Maroc, tout un pan de l’histoire du pays s’est trouvé orphelin. Aujourd’hui, des passionnés juifs, musulmans, marocains ou étrangers œuvrent pour sauver ces derniers vestiges.

Le samedi et le dimanche étaient des jours sacrés pour tous les enfants que nous étions. C’étaient en effet des jours de plage et de piscine. Mireille, visage rond et sympathique, plutôt boulotte, cheveux à l’artichaut c’est la monde, munie comme chacun de nous d’un petit sac Air France bleu, se prépare.

Synonyme de ghetto pour juifs marocains pour les uns, de tolérance et de dialogue interreligieux pour d’autres, ces quartiers très riches par l’histoire et les leçons de vie sont de plus en plus délaissés, à en croire les témoignages de leurs anciens et actuels habitants.

Edmond Amran El Maleh est né au sein d'une famille juive originaire de Safi. Responsable du Parti communiste marocain (alors clandestin), il milite pour l'indépendance nationale du Maroc. Il est professeur de philosophie au lycée de Casablanca, puis, cessant toute activité politique, il quitte le Maroc en 1965.

Tous les souvenirs d'enfant se ressemblent et pourtant chacun est personnel. J'ai beau vous entendre raconter vos aventures et m'apercevoir qu'effectivement elles ont un air de famille, les nôtre étaient uniques au monde, comme la rose du Petit Prince, parce qu'il s'agissait de nous. La réalité se transforme peu à peu en souvenirs et chaque jour qui passe les rend plus vivaces et plus purs.

Ces derniers quatre jours, quatre disparitions aux quatre coins de la scène du monde, quatre symboles de l’Histoire de la deuxième moitié du XXème siècle, quatre disparitions qui signent la fin des tragédies politiques de ce siècle de fer qui auront marqué nos vies, et qui sont désormais derrière nous.

Tétouan (anciennement Tamuda), détruite par les Espagnols en 1399, est reconstruite à la fin du 15è siècle grâce à l'arrivée de juifs et de musulmans fuyant l'Inquisition. La communauté juive de la ville a donc la particularité d'être entièrement séfarade et hispanophone - comme en témoignent la majorité des grandes familles de Tétouan: Abudaraham, Almosnino, Bendelac, Bibas, Cazès, Coriat, Crudo, Falcon, Hadida, Nahon, Taurel...

Cette histoire s'est passée au Maroc, Meknès, un jour de Kippour. Les magasins tenus par des Juifs étaient fermés et toute la communauté était rassemblée dans les différentes synagogues de la ville. En plein milieu de la prière du matin, l'un des gardes du gouverneur entra dans une synagogue, afin de chercher une personne.
Après quelques instants, ayant apparemment trouvé ce qu'il cherchait, il se fraya un chemin parmi les fidèles... jusqu'au médecin juif de la ville. Il lui murmura rapidement à l'oreille que le gouverneur était malade, et qu'il lui demandait de venir immédiatement.

La vie menée par les juifs des communautés rurales du Maroc il y a encore une soixantaine d'années n'existe plus que dans les mémoires : mémoire de ceux qui partirent, mémoire de ceux qui restèrent ; et la mémoire visuelle conservée dans les photographies et les mètres de pellicules.

Tmima quittait son mellah tous les jours, de son pas nonchalant, un panier en osier qu'elle balançait d'une main pour récolter son salaire, l'équivalent d'une théière remplie de blé, tandis que de l'autre, elle tenait son petit dernier. Elle ondoyait son corps altier aux seins lourds, la tête couverte, drapée dans son izaar retenu par un losange en argent parfaitement ciselé, une ceinture épaisse à la taille enserrant une large jupe qui claquait au vent dans ces petites ruelles poussiéreuses des villages marocains.

Que reste-t-il aujourd'hui de l'immense patrimoine juif au Maroc ? En sillonnant le pays sur les traces des communautés perdues, le passé se mêle au présent dans des images colorées et évocatrices.

La mer nous la sentions bien avant de la voir. C’était un parfum de sel,  de soleil et de sable aussi. Un mix  enivrant de vacances, de rencontres, de farniente, de frites, de calamars, de poissons frais et aussi plus tard  dans la journée de beignets chauds à la confitures.