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« Au début, nos clients prenaient la marchandise et se sauvaient ». Comment les commerces juifs ont géré l'après-Hyper Cacher

Par Yaël Scemama 

 

 

La reprise est progressive dans les restaurants et les épiceries casher.

Impactée au premier plan et ralentie dans les semaines qui ont suivi l’attentat, l’activité économique des commerces et des restaurants casher à Paris et en Ile-de-France connaît un léger mieux, d’après les professionnels du secteur. « Les trois premières semaines, les clients venaient peu et faisaient leurs courses rapidement en demandant à se faire livrer », raconte Patrick Belkaïm, le gérant d’Easy Cash dans le XVIe. « On sentait une fébrilité liée à la peur, l’ambiance était morose, les gens étaient angoissés. Aujourd’hui, j’ai l’impression que la vie reprend son cours. Les clients sont dans Pessah ».

Même constat pour Yaacov de la Boucherie Gourmet située à la Porte de Vincennes. « Au début, les gens ne venaient pas ou très peu. Certains ne voulaient même pas sortir de chez eux. Ils étaient très méfiants, prenaient la marchandise et se sauvaient. Aujourd’hui, ça va mieux ». 

 

"On se sentait tous menacés"

Les restaurants aussi se relèvent peu à peu de la baisse de fréquentation et donc du chiffre d’affaires. Pour Mélanie du restaurant « Joseph » à Charenton, « cela s’est senti tout de suite que les gens avaient peur de fréquenter le restaurant et de se mettre devant la vitrine. Les clients demandaient à s’attabler non pas devant les baies vitrées du restaurant mais dans la salle du fond ». Pour elle, c’est plus la tristesse que la peur qui a expliqué l’absence des clients. « On a ressenti une douleur profonde pendant les mois de janvier et de février. D’ailleurs, quand les clients venaient, ils étaient tous inquiets. Les discussions tournaient beaucoup sur les écoles et la sécurité des enfants, surtout de la part des maman. On se sentait tous menacés ». Dans cet autre restaurant du XVIIe, la baisse de fréquentation s’est couplée à la hausse des livraisons à domicile. « La première semaine, on avait des annulations de réservations pour des grandes tables mais c’était, je pense, plus une question de solidarité à l’égard des victimes qu’à cause de la peur. Les gens étaient totalement sidérés et sonnés par ce qui s’était passé. Maintenant ça commence à reprendre, mais c’est encore léger comme, du reste, tout le temps à cette période de l’année ».

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