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Les Juifs séfarades : de l’Afrique du Nord au Québec

Originaires pour la plupart du Maghreb ou de l'Orient arabe, les Juifs séfarades sont arrivés au Québec après la Seconde Guerre mondiale. L'historienne Yolande Cohen raconte comment ils ont changé le visage de la communauté juive montréalaise, qui était à prédominance ashkénaze et anglophone.

Les communautés juives séfarade et ashkénaze sont bien différentes. Les membres de cette dernière sont essentiellement originaires d’Europe centrale et orientale. La plupart fuient ces régions à la suite des pogroms antisémites de 1890 à 1930. En plus de leur langue nationale, ils parlent le yiddish.

Quant aux Juifs séfarades, étonnamment, ils sont arrivés avant les ashkénazes, dès la conquête britannique de 1759. Les familles Joseph et Hart en sont les principales figures. « La première synagogue canadienne est une synagogue séfarade », raconte Yolande Cohen au sujet de la synagogue espagnole et portugaise de Montréal appelée Shearith Israël. Cependant, les campagnes antisémites des années 1920 mettent fin à l’immigration juive. « La petite communauté séfarade va disparaître dans le flot de la communauté juive ashkénaze. »

Les Juifs séfarades se séparent en deux groupes. La branche autochtone est issue des tribus juives en Palestine qui se sont répandues dans les pays du bassin méditerranéen avant la conquête arabe. L’autre, la plus connue, vient d’Espagne et du Portugal; chassés par les rois espagnols en 1492, ces Juifs se sont installés un peu en Europe et dans les pays d’Afrique du Nord, dont le Maroc. « C’est eux qui viennent dans les années 50-60 », précise Yolande Cohen.

Le Montréal juif que nous connaissons est plutôt d’origine ashkénaze et anglophone. « Les écoles catholiques n’acceptaient pas des immigrants d’autres langues », rappelle l’historienne. Après la Seconde Guerre mondiale, près de 35 000 survivants de la Shoah arrivent au Canada, dont une grande partie, au Québec.

Plus encore, avec la création de l’État d’Israël en 1948, beaucoup de Juifs expulsés d’Irak et d’Égypte trouvent un refuge à Montréal, notamment à la synagogue espagnole et portugaise, qui redevient un lieu d’accueil séfarade.

Dès lors, les Juifs séfarades fondent des institutions importantes, dont la Communauté sépharade unifiée du Québec, et surtout des écoles, dont l’École Maïmonide, « la première grande école francophone juive d’Amérique du Nord ».

Également au cours de cette émission, Yolande Cohen explique comment les Juifs séfarades ont affirmé leur identité grâce à la langue et comment ils ont fait entendre leur voix dans la vie politique québécoise, notamment sur la question de l’indépendance.

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