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HOMMAGE À  SA MAJESTÉ FEU LE ROI MOHAMMED V par Thérèse Zrihen-Dvir

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement français de Vichy avait donné l’ordre d’arrêter les populations juives dans toutes les villes marocaines et de les transférer dans des camps de concentration nazis en Europe. La sélection des mâles juifs avait débuté dans les écoles et s’était étendue aux adultes.

« Les Allemands prévoyaient de stériliser les deux groupes par l’injection d’un sérum spécial pour mettre fin à leur reproduction. Les rumeurs de la rafle s’étaient répandues dans toutes les villes et villages et en conséquence, les enfants juifs avaient été immédiatement retirés des écoles et envoyés vivre au sein des familles juives vivant au bled auprès des Berbères Arabes dans les montagnes. Les familles juives riches, dont mon grand-père, avaient négocié et payé très cher les familles musulmanes locales dignes de confiance pour qu’elles déclarent et gardent les enfants juifs comme les leurs. C’était une situation exceptionnelle, quand des musulmans coopéraient volontairement avec des familles juives afin de sauver leurs jeunes mâles de l’extermination. Par bonheur, cette situation précaire ne dura pas très longtemps. Le roi Mohamed V, Dieu ait son âme, s’était ouvertement opposé à la déportation des juifs marocains. Ce monarque alaouite, soutenait, entre autre, à partir de 1944 l’Istiqlal, principal mouvement indépendantiste marocain, et s’était opposé à la poursuite des dominations française et espagnole. Dans le cadre du protectorat français dans l’Empire chérifien (en vigueur depuis 1912), il fut contraint à l’exil — successivement en Corse et à Madagascar — jusqu’au 16 novembre 1955. -Extrait de mon oeuvre « Il sentait bon le sable chaud mon légionnaire »

La défaite de la France en juin 1940, suivie de la signature d’armistice avec le Reich, avait culbuté la situation au Maroc. L’intérêt stratégique de l’Afrique du Nord devint évident aux alliés et une éventuelle offensive militaire (Britannique-américaine) contre les 120 000 soldats français stationnant à l’ouest et au nord de l’Afrique, et l’importante flotte française ancrée dans l’Atlantique et dans les ports méditerranéens, n’était plus un secret.

Conformément aux lois de Vichy, la France entreprit l’enregistrement des juifs du Maroc, aux fins de déportation dans les camps de concentration allemands. L’entreprise coïncida avec l’opération Torche (Flambeau). Sous l’aval tacite du premier ministre britannique Winston Churchill, le président des États-Unis, F.D. Roosevelt, entreprit de planifier l’invasion de la zone méditerranéenne par les troupes américaines. Néanmoins, l’opération ne fut lancée qu’en fin 1942 avec l’atterrissage simultané de soldats américains en Afrique du Nord. Les Anglais les épaulèrent plus tard en attaquant le Détroit de Gibraltar en 1943-44.

L’invasion américaine débuta concurremment sur tous les ports marocains et algériens, dans le but de circonscrire et de capturer les troupes françaises et marocaines et de maîtriser les points névralgiques, comme les installations portuaires, les bureaux de poste, les forces de police civile, les stations de télécommunications, les entrepôts de pétrole et les routes principales menant aux grandes métropoles. En l’espace de quelques heures, toutes les batteries françaises furent réduites au silence et la grande majorité de l’infanterie neutralisée et capturée.

Souhaitant atteindre leurs cibles sans luttes féroces, ni pertes considérables, les dirigeants américains n’émirent aucun ordre concernant les casernes qui abritaient une partie des forces françaises. Les commandants de la garnison française comprirent rapidement leur infériorité, tant en hommes qu’en équipements, et se rendirent le 8 novembre 1942 à 15 h 30.

Onze heures seulement après leur débarquement sur les côtes marocaines, les Américains contrôlaient la ville de Safi. Casablanca fut finalement conquise, pour un coût humain relativement bas de 36 soldats tués et 113 blessés américains.

Pour les civils marocains impréparés à l’assaut, c’était la catastrophe. Les sirènes perçantes déchiraient l’air avec les premières salves.

Par la suite, des camps militaires américains avaient été érigés dans presque toutes les grandes villes du Maroc.

Vue la précarité des temps, mes oncles n’achevèrent jamais leurs études secondaires. Ils étaient tenus cachés en cette période, et furent initiés entre-temps à la connaissance des métaux précieux et à la gravure – arts dans lesquels ils excellèrent au point de surpasser l’habileté de leur père.

À ce jour, le peuple juif du Maroc, est reconnaissant à l’intervention immédiate de Feu le Roi Mohammed V, auprès des autorités françaises. Et moi de même.

En Israël – Une ville israélienne baptisera sa place du nom du roi du Maroc – 19 septembre 1986 – TEL AVIV, Israël (AP) _ Une place dans une ville portuaire israélienne portera le nom de feu le roi du Maroc Mohammed V, le premier dirigeant arabe à être ainsi honoré en Israël, a rapporté jeudi l’agence de presse Itim. Le conseil municipal d’Ashkelon, un port méditerranéen à 30 miles au sud de Tel-Aviv, a approuvé le nom par une marge étroite jeudi, a indiqué l’agence. Itim a déclaré que l’idée est venue de la visite du Premier ministre Shimon Peres en juillet au Maroc pour rencontrer le roi Hassan II, fils de Mohammed V.

Il s’agissait de la première rencontre publique entre un dirigeant israélien en exercice et le chef d’État d’un pays arabe autre que l’Égypte.

Thérèse Zrihen-Dvir.

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