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Je suis né
à Agadir, j’ai fait mes études à l’Alliance Israélite puis au lycée
d’Agadir.
En 1960, j’avais 17 ans, je travaillais et je poursuivais mes études en
parallèle. J’habitais avec mes parents, nous étions 9 enfants, 5 garçons
et 4 filles. Je partageais ma chambre avec mon petit frère et ma grand-mère.
Une
semaine avant la catastrophe, il y avait eu une petite secousse mais personne
n’avait prêté attention.
Le 29 février 1960 a midi, il y a eu une première secousse. Une fois de plus
personne ne la prit au sérieux.
Habituellement, je dormais près de la fenêtre mais ce soir là, sans raison
précise, je décidais de changer de place avec ma grand-mère. Vers minuit,
tout a commencé à trembler et d’un coup les murs se sont effondrés. Ma
chance a été que les murs se soient effondrés en se croisant et que le
plafond ne soit pas tombé entièrement sur moi. J’étais coincé sous les décombres,
je ne pouvais pas bouger. Je ne comprenais pas ce qui se passait, je criais de
toutes mes forces, j’appelais mes parents mais personne ne répondait. Au
bout d’un moment j’ai entendu la voix de mon jeune frère qui dormait dans
la même chambre que moi, lui aussi était bloqué sous les décombres.
C’est alors que j’ai compris que c’était grave et que si mes parents ne
répondaient pas c’est qu’ils ne pouvaient pas répondre…
Je suis resté ainsi immobilisé jusqu'à 6 heures du matin. A ce moment la,
par bonheur, j’ai entendu la voix de mon oncle qui nous cherchait. Il a
appelé du secours et des personnes nous ont aidés à sortir des décombres.
Je me suis retrouvé en pyjama au milieu de la rue, mais quasiment indemne.
Mon frère avait des blessures et il a été soigné mais aucun de nous deux
n’a été hospitalisé. Malheureusement ni mes parents ni ma grand-mère ni
mes autres frères et sœurs ne sont ressortis vivants de cette catastrophe.
Nous sommes restés un ou deux jours chez mon oncle à Agadir, puis nous
sommes partis à Casablanca ou nous avons été recueillis par de la famille.
Mon grand frère habitait Casablanca et il s’est occupé de nous. C’est
lui qui est retourné à Agadir faire les démarches administratives et
organiser les enterrements.
Pendant des années je ne voulais pas retourner à Agadir. Je n’y suis allé
qu’une seule fois, alors que j’étais déjà marié, pour pèleriner avec
ma femme sur les tombes de ma famille.
Le temps a
passé, j’ai travaillé, j’ai fondé une famille. Nous avons quitté
Casablanca pour Paris en 1981. Maintenant j’ai 2 enfants et 5 petits
enfants.
Je suis un miraculé de la catastrophe d’Agadir mais c’est un traumatisme
que je n’oublierai jamais.
Le
tremblement de terre d'Agadir photos, histoires
Propos recueillis par Arielle.b
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